{"product_id":"2940013145405","title":"Lettres de mon Moulin","description":"INTRODUCTION\u003cbr\u003e\u003cbr\u003e[Illustration]\u003cbr\u003e\u003cbr\u003ePAR CHARLES SAROLEA\u003cbr\u003e\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eL'art de conter est un art essentiellement français et nulle région de\u003cbr\u003eFrance n'a produit plus de conteurs exquis que le pays des Troubadours,\u003cbr\u003eet parmi les conteurs provençaux nul n'est comparable à Alphonse Daudet,\u003cbr\u003eet parmi les contes de Daudet nulle œuvre ne surpasse les _Lettres de\u003cbr\u003emon Moulin_.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eLes _Lettres de mon Moulin_ sont l'œuvre radieuse de sa jeunesse.\u003cbr\u003eQuand elles parurent dans _l'Événement_, en 1866, Daudet avait 26 ans.\u003cbr\u003eObligé à 15 ans de quitter sa cité natale de Nîmes, jeté à 17 ans sur le\u003cbr\u003epavé de Paris, ses débuts littéraires avaient été durs. Il s'était\u003cbr\u003eessayé dans la poésie, au théâtre, et, avant d'atteindre sa majorité, il\u003cbr\u003eavait eu des succès retentissants. Mais les _Lettres de mon Moulin_\u003cbr\u003efurent son premier triomphe populaire. La veille encore presque inconnu\u003cbr\u003edu gros public, il se trouva célèbre le lendemain.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eCe qu'il y a de vraiment étonnant dans les _Lettres de mon Moulin_,\u003cbr\u003ec'est que, étant l'œuvre d'un jeune homme, elles n'ont aucun des\u003cbr\u003edéfauts de la jeunesse. La jeunesse est l'âge des hésitations, des\u003cbr\u003etâtonnements, des imitations maladroites; or les _Lettres_ sont d'une\u003cbr\u003esûreté, d'une fermeté de dessin, d'une originalité, d'une maturité,\u003cbr\u003ed'une possession de soi qui confondent. La jeunesse est l'âge des excès,\u003cbr\u003ede l'exubérance, de la démesure, de l'outrance; or les _Lettres_ sont\u003cbr\u003ed'une sobriété, d'une mesure, d'une simplicité attiques.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eEt d'autre part, n'ayant aucune des imperfections de la jeunesse, les\u003cbr\u003e_Lettres de mon Moulin_ en ont toutes les qualités: la fraîcheur, la\u003cbr\u003espontanéité, le naturel, la verve, la facilité, et ce charme\u003cbr\u003eindéfinissable qui se dégage, comme la senteur du thym et du romarin, de\u003cbr\u003etoute l'œuvre et de toute la personnalité de Daudet. Les _Lettres_,\u003cbr\u003ec'est le chant de la cigale à l'aube, c'est la source limpide\u003cbr\u003ejaillissant de la montagne.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eLes _Lettres de mon Moulin_ ne sont pas seulement un chef-d'œuvre\u003cbr\u003elittéraire, elles sont une date et un document historiques, une œuvre\u003cbr\u003ereprésentative. Elles sont l'apport, la contribution de la Provence au\u003cbr\u003etrésor commun des lettres françaises. Elles se rattachent (n'en déplaise\u003cbr\u003eà Jules Lemaître) à l'un des mouvements les plus intéressants de la\u003cbr\u003elittérature contemporaine: le mouvement du Félibrige et la Renaissance\u003cbr\u003eprovençale. La Provence doit beaucoup à la nature, elle doit beaucoup\u003cbr\u003eaussi à ses écrivains. Quelle région de France a été comme elle chantée\u003cbr\u003epar ses enfants? Quelle autre province peut revendiquer en notre\u003cbr\u003egénération une pléiade de poètes et de fins lettrés comme Aubanel et\u003cbr\u003eRoumanille, comme Félix Gras et Mazel, comme Marieton et Aicard, comme\u003cbr\u003eMistral enfin, poète primitif égaré en plein dix-neuvième siècle, aède\u003cbr\u003equi incarne l'âme de sa race, comme Walter Scott incarne l'Écosse, comme\u003cbr\u003eRuneberg incarne la Finlande, Mistral, le grand vieillard inspiré que\u003cbr\u003el'an passé toute la France acclamait et que déjà en 1859 Lamartine\u003cbr\u003esaluait comme l'Homère de la Provence.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eDaudet ne s'est pas servi, comme Roumanille et Mistral, du dialecte\u003cbr\u003eprovençal, du vieux parler roman et romain aux innombrables quartiers de\u003cbr\u003enoblesse linguistique, il n'a pas écrit en langue d'oc, en langue d'or.\u003cbr\u003eIl n'en appartient pas moins au Félibrige. Il a interprété les Félibres,\u003cbr\u003eil les a soutenus, il les a glorifiés. Sans se lasser il a porté\u003cbr\u003etémoignage pour son pays, pour son peuple, pour ses poètes.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eDans une des _Lettres de mon Moulin_ il a dit du poème de Mistral, de\u003cbr\u003e_Calendal_: «Ce qu'il y a avant tout dans le poème, c'est la\u003cbr\u003eProvence,--la Provence de la mer, la Provence de la montagne,--avec son\u003cbr\u003ehistoire, ses mœurs, ses légendes, ses paysages, tout un peuple naïf\u003cbr\u003eet libre qui a trouvé son grand poète avant de mourir...","brand":"SAP","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":47121064853744,"sku":"2940013145405","price":0.99,"currency_code":"USD","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0737\/7593\/9824\/files\/2940013145405_p0.jpg?v=1763577431","url":"https:\/\/shop-qa.barnesandnoble.com\/products\/2940013145405","provider":"Barnes \u0026 Noble (DEV)","version":"1.0","type":"link"}