{"product_id":"2940015191530","title":"CH\u0026Eacute;RI","description":"Un extrait du début:\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eLéa! Donne-le-moi, ton collier de perles! Tu m'entends, Léa? Donne-moi ton collier!\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eAucune réponse ne vint du grand lit de fer forgé et de cuivre ciselé, qui brillait dans l'ombre comme une armure.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003ePourquoi ne me le donnerais-tu pas, ton collier? Il me va aussi bien qu'à toi, et même mieux!\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eAu claquement du fermoir, les dentelles du lit s'agitèrent, deux bras nus, magnifiques, fins au poignet, élevèrent deux belles mains paresseuses.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eLaisse ça, Chéri, tu as assez joué avec ce collier.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003e—Je m'amuse.... Tu as peur que je te le vole?\u003cbr\u003e\u003cbr\u003elDevant les rideaux roses traversés de soleil, il dansait, tout noir, comme un gracieux diable sur fond de fournaise. Mais quand il recula vers le lit, il redevint tout blanc, du pyjama de soie aux babouches de daim.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eJe n'ai pas peur, répondit du lit la voix douce et basse. Mais tu fatigues le fil du collier. Les perles sont lourdes.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003e—Elles le sont, dit Chéri avec considération. Il ne s'est pas moqué de toi, celui qui t'a donné ce meuble.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eIl se tenait devant un miroir long, appliqué au mur entre les deux fenêtres, et contemplait son image de très beau et très jeune homme, ni grand ni petit, le cheveu bleuté comme un plumage de merle. Il ouvrit son vêtement de nuit sur une poitrine mate et dure, bombée en bouclier, et la même étincelle rose joua sur ses dents, sur le blanc de ses yeux sombres et sur les perles du collier.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eÔte ce collier, insista la voix féminine. Tu entends ce que je te dis?\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eImmobile devant son image, le jeune homme riait tout bas :\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eOui, oui, j'entends. Je sais si bien que tu as peur que je te le prenne!\u003cbr\u003e\u003cbr\u003e—Non. Mais si je te le donnais, tu serais capable de l'accepter.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eIl courut au lit, s'y jeta en boule :\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eEt comment! Je suis au-dessus des conventions, moi. Moi je trouve idiot qu'un homme puisse accepter d'une femme une perle en épingle, ou deux pour des boutons, et se croie déshonoré si elle lui en donne cinquante....\u003cbr\u003e\u003cbr\u003e—Quarante-neuf.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003e—Quarante-neuf, je connais le chiffre. Dis-le donc que ça me va mal? Dis-le donc que je suis laid?\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eIl penchait sur la femme couchée un rire provocant qui montrait des dents toutes petites et l'envers mouillé de ses lèvres. Léa s'assit sur le lit :\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eNon, je ne le dirai pas. D'abord parce que tu ne le croirais pas. Mais tu ne peux donc pas rire sans froncer ton nez comme ça? Tu seras bien content quand tu auras trois rides dans le coin du nez, n'est-ce pas?\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eIl cessa de rire immédiatement, tendit la peau de son front, ravala le dessous de son menton avec une habileté de vieille coquette. Ils se regardaient d'un air hostile; elle, accoudée parmi ses lingeries et ses dentelles, lui, assis en amazone au bord du lit. Il pensait : Ça lui va bien de me parler des rides que j'aurai. Et elle : Pourquoi est-il laid quand il rit, lui qui est la beauté même? Elle réfléchit un instant et acheva tout haut sa pensée :\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eC'est que tu as l'air si mauvais quand tu es gai.... Tu ne ris que par méchanceté ou par moquerie. Ça te rend laid. Tu es souvent laid.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003e—Ce n'est pas vrai! cria Chéri, irrité.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eLa colère nouait ses sourcils à la racine du nez, agrandissait les yeux pleins d'une lumière insolente, armés de cils, entrouvrait l'arc dédaigneux et chaste de la bouche. Léa sourit de le voir tel qu'elle l'aimait révolté puis soumis, mal enchaîné, incapable d'être libre;—elle posa une main sur la jeune tête qui secoua impatiemment le joug. Elle murmura, comme on calme une bête :\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eLà ... là.... Qu'est-ce que c'est ... qu'est-ce que c'est donc....\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eIl s'abattit sur la belle épaule large, poussant du front, du nez, creusant sa place familière, fermant déjà les yeux et cherchant son somme protégé des longs matins, mais Léa le repoussa :\u003cbr\u003e\u003cbr\u003ePas de ça, Chéri! Tu déjeunes chez notre Harpie nationale et il est midi moins vingt.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003e—Non? je déjeune chez la patronne? Toi aussi?\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eLéa glissa paresseusement au fond du lit.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003ePas moi, j'ai vacances. J'irai prendre le café à deux heures et demie— ou le thé à six heures—ou une cigarette à huit heures moins le quart.... Ne t'inquiète pas, elle me verra toujours assez.... Et puis, elle...","brand":"OGB","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":47074160476400,"sku":"2940015191530","price":0.99,"currency_code":"USD","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0737\/7593\/9824\/files\/2940015191530_p0.jpg?v=1763619738","url":"https:\/\/shop-qa.barnesandnoble.com\/products\/2940015191530","provider":"Barnes \u0026 Noble (DEV)","version":"1.0","type":"link"}