{"product_id":"2940148298779","title":"Histoire de Flandre (T. 4\/4)","description":"La maison de Bourgogne était parvenue par de longs efforts à maintenir sa puissance; mais près de trois quarts de siècle s'étaient écoulés sans qu'elle eût pu, réalisant ses projets ambitieux, asseoir d'une manière stable son influence en France et revendiquer dans la patrie des Robert et des Baudouin, vaincue et humiliée, la dictature de l'Europe armée contre les infidèles. La bataille de Gavre permettra aux ducs de Bourgogne de s'avancer désormais d'un pas moins incertain vers le but qu'ils se proposent; en renversant les obstacles qui les arrêtèrent pendant longtemps, elle nous ramène à Jean sans Peur et à Philippe le Hardi, à l'expédition de Nicopoli de 1396, au banquet de Lille de 1383.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eC'est de nouveau à Lille qu'auront lieu les fêtes où le duc de Bourgogne assemblera solennellement, comme son aïeul, les chevaliers qui ont combattu sous sa bannière, en célébrant dans les mêmes réjouissances les trophées du passé et ceux de l'avenir, les revers des communes flamandes à Roosebeke et à Gavre et la croisade que le duc Philippe espère conduire lui-même aux rives de la Propontide pour effacer les tristes souvenirs de celle de Jean sans Peur.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eLe 17 février 1453 (v. st.), tous les barons de la cour de Bourgogne se trouvaient réunis au palais de Lille, lorsqu'au milieu des splendides intermèdes préparés par les ministres les plus habiles des plaisirs du duc, ils virent entrer une femme vêtue de deuil, 2 assise sur un éléphant qu'accompagnait un More de Grenade. Elle représentait la sainte Eglise comme elle le déclara elle-même dans quelques vers où elle peignit ses malheurs et ses périls en réclamant un généreux appui.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eDeux illustres dames parurent alors, précédées de Toison d'or, qui portait un beau faisan, afin qu'un noble oiseau présidât, selon l'usage, aux vœux qu'on allait faire. Le duc voua le premier aux dames et au faisan qu'il irait en Orient combattre les infidèles. Tous les chevaliers qui l'entouraient s'engagèrent par les mêmes serments.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eParmi ceux qui assistaient à ce banquet, le plus somptueux et le plus fameux du quinzième siècle, se trouvait un homme sage qui déplorait l'exagération de ce luxe et les folles dépenses qu'occasionnaient ces fêtes. «Apprends, mon ami, lui répondit un des conseillers de Philippe, que ces banquets et ces tournois, qui sont devenus de plus en plus brillants, n'ont d'autre cause que la ferme volonté et le désir secret du duc de parvenir ainsi plus aisément à exécuter ses anciens projets. Le vœu qu'il a prononcé vient de les révéler.»\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eLe duc de Bourgogne avait, à diverses reprises, envoyé des chevaliers lutter contre les flottes ottomanes dans les mers de l'Archipel et des négociateurs préparer sur ces rivages éloignés l'apparition d'une expédition plus considérable, destinée à arrêter les progrès menaçants de Mahomet II. Depuis la pacification de la Flandre, rien ne s'opposait plus à ce qu'il poursuivît les préparatifs de la croisade si pompeusement annoncée, au banquet du Faisan, à tous les peuples chrétiens. Le 24 mars 1453 (v. st.), il quitta Lille pour aller visiter ses Etats de Bourgogne; de là il se rendit dans les cantons suisses, où il reçut aussi grand accueil que s'il eût été l'Empereur lui-même; puis il entra en Souabe par Constance et eut successivement des entrevues avec le comte de Wurtemberg, les ducs de Bavière et d'Autriche: enfin il arriva à Ratisbonne où allait s'assembler la diète de l'Empire. L'empereur Frédéric III, qui s'était fait excuser de ce qu'il ne pouvait pas aller lui-même l'y saluer, chargea de ce soin ses ambassadeurs, et quand Philippe rentra dans ses Etats, il avait conclu avec la plupart des princes allemands des alliances avantageuses et conformes à ses vues.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eCette vaste confédération que préparait le duc de Bourgogne, religieuse dans le but publiquement avoué, mais essentiellement 3 politique dans son principe et dans ses causes, n'embrassait pas seulement les nombreuses principautés des rives du Rhin; elle devait, plus près de ses Etats,","brand":"Lost Leaf Publications","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":47084090163440,"sku":"2940148298779","price":0.99,"currency_code":"USD","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0737\/7593\/9824\/files\/2940148298779_p0.jpg?v=1763701021","url":"https:\/\/shop-qa.barnesandnoble.com\/products\/2940148298779","provider":"Barnes \u0026 Noble (DEV)","version":"1.0","type":"link"}