{"product_id":"2940148787921","title":"Le Cathecumene, traduit du chinois (Illustrated)","description":"Des affaires de commerce m'avoient engagé à faire un voyage sur mer; j'étois déja bien loin des côtes de ma patrie, lorsqu'une tempête affreuse nous fit perdre notre route. Nous passâmes plusieurs jours entre la vie \u0026amp; la mort; enfin nous fumes jettés sur une terre inconnue, \u0026amp; forcés de trouver un azile contre la fureur des flots.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eJe tombai entre les mains d'un peuple rempli d'humanité: je m'aperçus bientôt qu'il avoit perfectionné tous les arts, qu'il pratiquoit les vertus, \u0026amp; qu'il étoit doué des plus hautes lumieres où l'homme puisse atteindre. Mon admiration égaloit ma reconnoissance; mais hélas! il n'est que trop vrai, que l'homme décele toujours par quelque endroit la foiblesse de son être.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eCes gens-là avoient pris de l'amitié pour moi comme j'en avois conçu pour eux; leur douceur, leur honnêteté avoient gagné mon ame: ils me dirent un jour, de quelle religion êtes vous? Cette question me surprit; je leur demandai, s'il y en avoit deux: ma réponse les fit sourire, \u0026amp; je vis qu'ils étoient étonnés de mon ignorance: ils ajouterent, adorez-vous des Dieux de bois, de métal ou de pierre? Je haussai les épaules; ils prirent un air de satisfaction, \u0026amp; poursuivirent: croyez-vous à Moïse qui fit massacrer vingt-trois mille de ses concitoyens par ordre de Dieu? Je fis un mouvement d'indignation; ils continuerent \u0026amp; me demanderent, si j'étois disciple de Mahomet qui fendit la lune en deux, \u0026amp; qui la cacha dans sa manche? Je ne répondis que par des signes de mépris, qui parurent les satisfaire infiniment: êtes-vous Chrétien? me dirent-ils enfin: Je repliquai, que je ne savois pas ce qu'ils vouloient dire: ils parurent fort étonnés, \u0026amp; ils ajouterent, qu'ils ne connoissoient dans le monde que quatre especes de religion. Vous n'en avez donc point? me dirent-ils: je leur répondis vainement, que j'étois né dans un pays, où l'on adoroit un seul Dieu, Intelligence suprême \u0026amp; bienfaisante, qui a créé le monde \u0026amp; qui le gouverne; qui récompense dans une autre vie les bonnes actions que l'homme a faites dans celle-ci; que notre culte consistoit dans une reconnoissance \u0026amp; une soumission sans bornes, \u0026amp; dans l'exercice habituel des vertus, c'est-à-dire de la modération, de la tempérance, de l'humanité, de la bienfaisance \u0026amp; de la justice. Est-ce tout? reprirent-ils: je leur dis que tout étoit renfermé dans ce peu de mots. Eh quoi! votre Dieu, ajouterent-ils, n'a point fait de miracles? Il a créé le Ciel \u0026amp; la Terre, répondis-je modestement; que voulez-vous de plus? Quoi: point de Mystères, de Prêtres, de cérémonies! Je baissai la tête, \u0026amp; leur dis que je ne les comprenois pas. Je les entendis alors s'écrier entre eux: le pauvre homme! dans quel excès d'aveuglement, d'ignorance \u0026amp; de barbarie il est plongé! Mon ami, me dit l'un d'eux, nous avons pitié de votre état: nous voulons vous éclairer; remerciez Dieu qui vous a conduit de sa main au milieu de nous, pour vous instruire \u0026amp; vous convaincre de notre sainte \u0026amp; admirable religion. Notre Dieu se nomme le Christ, nous nous appellons Catholiques, vous allez voir Dieu. Mon étonnement seroit difficile à exprimer; eh quoi! vous me ferez voir Dieu! Sans doute, répondirent-ils, vous le verrez tout comme nous; nous n'avons pour cela que quatre pas à faire.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eJe les suivis donc: nous aprochions d'un édifice immense, ils me dirent que c'étoit le Temple; je me fis expliquer ce mot: j'appris avec la plus grande surprise, que c'étoit un bâtiment où résidoit leur Dieu. Et quoi! leur dis-je, vous renfermez Dieu entre quatre murailles, cet Etre immense, infini, qui anime, pénètre, environne des mondes sans nombre! Ils me répondirent froidement: quand vous verrez notre Dieu, vous ne serez plus si surpris. J'aperçus des portes, des serrures \u0026amp; des clefs à l'entrée de l'édifice, j'en demandai l'explication. Quoi! le Dieu du Ciel \u0026amp; de la Terre, vous le tenez sous la clef! Il le faut bien, dirent-ils, sans cela on pourroit le voler, le profaner. Voler Dieu! le profaner! Je passois d'étonnement en étonnement.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eNous avancions dans ce qu'ils appelloient le Temple; je demandai où étoit le Dieu qu'on devoit me faire voir. Un peu de patience, me dit-on; on me conduisit à l'extrémité de l'édifice.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003e","brand":"Lost Leaf Publications","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":47169450541296,"sku":"2940148787921","price":0.99,"currency_code":"USD","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0737\/7593\/9824\/files\/2940148787921_p0.jpg?v=1763714206","url":"https:\/\/shop-qa.barnesandnoble.com\/products\/2940148787921","provider":"Barnes \u0026 Noble (DEV)","version":"1.0","type":"link"}