{"product_id":"2940149011759","title":"Derni\u0026egrave;res Ann\u0026eacute;es de la Cour de Lun\u0026eacute;ville (Illustrated)","description":"Après les événements tragiques survenus à Lunéville dans les derniers jours de l'année 1749, la cour resta morne et désemparée et pendant quelque temps sous une impression de tristesse que rien ne pouvait dissiper [2]. Tous les esprits étaient hantés de pénibles souvenirs et le Roi plus que tout autre se montrait inconsolable. La mort de Mme du Châtelet et le départ de Voltaire le privaient de ses plaisirs les plus vifs, du charme qu'il trouvait dans un commerce journalier avec 2 des esprits supérieurs, éminemment aimables et distingués.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eDans son chagrin profond Stanislas s'isolait et fuyait ses courtisans les plus chers; il ne voulait plus d'autre société que son chien Griffon, son singe, et le cher Bébé dont les facéties de mauvais goût avaient seules encore le don de le distraire.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eC'est alors qu'on composa ce distique railleur:\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eVoilà les trois jouets d'un Roi cher au Lorrain,\u003cbr\u003eGriffon, son chien, son singe, avec Bébé, son nain.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eMais un monarque n'est pas fait pour s'éterniser dans la douleur, il fallait réagir.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eTout le monde donc à la Cour se met en frais pour occuper Stanislas et le détourner de ses pensées amères; Mme de Boufflers plus que tout autre cherche à l'amuser et, bien qu'elle soit elle-même assombrie par la perte d'une amie très chère, elle fait violence à ses sentiments intimes.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eBientôt la vie reprend son cours et dans le désir de lutter contre des tristesses trop légitimes, on se laisse presque emporter au delà du but; il semble qu'une véritable rage de plaisirs se soit emparée à cette époque de la cour de Lorraine.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eA Lunéville, à Nancy, à Commercy, à la Malgrange, partout où réside le roi, on n'entend parler que de fêtes et de réjouissances de toutes sortes. Le carnaval de 1750 est particulièrement brillant.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003e3 Stanislas s'est installé à Nancy, à l'Intendance, et il s'est fait accompagner de sa musique; tous les jours, il y a concert, assemblée, redoute, comédie, etc. On a construit une nouvelle salle de spectacle, et c'est la troupe de Nancy qui en a la primeur. On joue la Servante justifiée et Cénie, la pièce nouvelle que Mme de Graffigny vient de faire représenter à Paris avec un succès étourdissant. Bébé danse deux fois sur le théâtre, et il est couvert d'applaudissements.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eLunéville n'est pas moins bien partagée. Stanislas y fait venir les comédiens italiens appelés bouffons; le 18 mai ils donnent devant le Roi le Joueur et la Serva padrona. Les deux principaux interprètes sont Manelli et la demoiselle Tonnelli; leurs mérites réciproques soulèvent des discussions sans nombre.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eLes soupers, les bals masqués, les représentations dramatiques se succèdent sans interruption; on n'a pas un instant de repos. Toute l'ancienne «troupe de qualité» qui, sous la direction de Voltaire, a si bien interprété autrefois les pièces du répertoire, est de nouveau mise en réquisition; cette fois c'est Mme de Boufflers elle-même qui paie de sa personne et se transforme en impresario; non seulement elle dirige les répétitions avec un zèle que rien ne peut lasser, mais elle monte sur les planches et charme tout l'auditoire par la finesse de son jeu. Sous sa direction on joue les Femmes savantes, Nanine, la Femme qui a raison, le Double Veuvage, etc., etc. 4 On peut se croire revenu aux plus beaux jours de l'année 1749.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eL'arrivée à Lunéville de quelques animaux étranges et presque inconnus dans la région vient encore occuper la cour. Chaque jour le Roi et ses courtisans vont visiter une ménagerie installée sur une des places de la ville et s'extasier devant un chameau, un dromadaire, un lion qu'un industriel promène de ville en ville. Mais l'animal qui soulève la plus vive curiosité est «un rhinocéros femelle», âgé de dix mois, qui à tous semble presque fabuleux. On ne se lasse pas de l'admirer.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003eIl ne faut pas cependant que la marquise se croie seule le droit de distraire le monarque; le Père de Menoux revendique sa part dans ce rôle flatteur et il ne déploie pas moins de zèle que la favorite.\u003cbr\u003e\u003cbr\u003e","brand":"Lost Leaf Publications","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":47072804995312,"sku":"2940149011759","price":0.99,"currency_code":"USD","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0737\/7593\/9824\/files\/2940149011759_p0.jpg?v=1763711322","url":"https:\/\/shop-qa.barnesandnoble.com\/products\/2940149011759","provider":"Barnes \u0026 Noble (DEV)","version":"1.0","type":"link"}