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OGB

AU PAYS DES LYS NOIRS

AU PAYS DES LYS NOIRS

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PRÉFACE



Ce livre, qui englobe les souvenirs d’un quart de siècle, a été composé d’une façon assez inattendue. Le premier chapitre en fut écrit, il y a près d’un an, au monastère d’Hautecombe où, comme le raconte mon précédent volume : Dans la lumière d’Ars, je faisais une retraite de six semaines. C’était alors un article qu’une revue publia et auquel je ne songeais pas à donner une suite.



Mais quand il eut paru, plusieurs personnes me dirent ou m’écrivirent qu’il y aurait intérêt à en corroborer la signification par d’autres études sur les milieux occultistes, politiques et littéraires où me conduisirent les péripéties d’une existence passablement mouvementée.



À la réflexion, le projet me plut d’autant qu’il me permettait d’esquisser quelques aspects d’une société troublée où la plupart de nos contemporains font l’effet d’un troupeau sans berger, piétinant au hasard parmi des ruines, fuyant le bercail que leur ouvre l’Église, broutant avec avidité les euphorbes et les aconits de l’individualisme ou de l’humanitairerie.



J’ai donc peint quelques uns des prototypes de ces aberrations. J’ai montré des révolutionnaires à l’œuvre soit comme théoriciens, soit comme émeutiers, soit comme assassins. J’ai dénoncé les efforts de la Gnose pour fausser le sentiment religieux dans maintes âmes en désarroi. J’ai analysé le désordre et la corruption du goût produits par l’invasion des Juifs de Pologne et d’Allemagne dans notre littérature. J’ai exposé certains méfaits résultant du triomphe de la démocratie, par exemple, le fonctionnement malpropre de cette néfaste mécanique le suffrage universel. J’ai constaté l’avortement de cette chimère : l’instruction versée sans tact ni mesure dans des cervelles qui n’étaient point faites pour l’assimiler. J’ai rappelé l’aventure boulangiste et cet engouement du pays pour un médiocre en qui l’instinct d’éliminer les poisons du parlementarisme nous conduisit à chercher un sauveur.



J’aurais pu tirer de tout cela un copieux volume de doctrine. J’ai préféré multiplier les croquis des troubles auxquels j’assistai, les profils des personnages qui les suscitèrent ou y prirent part, les anecdotes caractéristiques. J’ai fait en somme du reportage rétrospectif.



On voudra bien donc trouver ici une modeste contribution à l’histoire de la société française telle que l’intoxiquèrent les principes de la Révolution.



Une idée, qui ne fait que se fortifier dans mon esprit à mesure que j’avance en âge et en expérience, donne de l’unité à mon livre. Celle-ci : pour se bien porter, la France doit être catholique et monarchiste.



Je l’ai déjà formulée ailleurs ; je la développerai encore si Dieu me prête vie.



Ce que je veux ajouter maintenant c’est que la plus grande partie des pages qu’on va lire, je les ai conçues dans la solitude et le silence, au cours de longues promenades à travers ma chère forêt de Fontainebleau.



Les vieux chênes grandioses, les bouleaux rêveurs, les sommets rocheux d’où l’on domine un océan de feuillages, le murmure émouvant des brises dans les pins, les jeux du soleil et de l’ombre dans les taillis m’ont inspiré.



Là, naguère, j’ai connu Dieu.



Aujourd’hui j’y apprends sans cesse la persévérance dans l’effort vers le bien, je m’y arme de prières et de réflexions salubres pour le jour – hélas ! prochain – où il me faudra de nouveau agir parmi les hommes.



Je dis « hélas » parce que non seulement nos adversaires nous combattent sans loyauté, mais encore parce que les divisions entre catholiques rendent la tâche particulièrement ardue,...
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