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Lost Leaf Publications
Abrégé de l'Histoire Générale des Voyages (Tome 4) (Illustrated)
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Les Européens, du Cap divisent l'année en deux saisons, l'hiver et l'été. Ils nomment le premier mousson humide, et l'autre mousson sèche. Celle-ci commence au mois de septembre, c'est-à-dire à la fin de notre été, et la première au mois de mars, avec notre printemps. Dans la saison de l'hiver, le Cap est sujet aux brouillards. Cependant le soleil se fait voir par intervalles, excepté pendant les mois de juin et de juillet, où les pluies sont continuelles. L'air, dans cette saison, est froid, rude et fort désagréable, mais jamais plus qu'en Allemagne pendant l'automne. Jamais l'eau ne gèle à plus de trois lignes d'épaisseur, et la glace se dissipe aux premiers rayons du soleil. Le tonnerre et les éclairs sont très-rares au Cap, excepté vers le changement des saisons, aux mois de mars et de septembre; encore n'y sont-ils jamais violens ni dangereux.
Les eaux qui tombent avec rapidité du sommet des montagnes, coulant ensuite dans des canaux ombragés d'arbres ou de buissons, sont si froides, qu'elles conservent cette qualité dans les vases où elles sont renfermées, jusqu'à causer un véritable frisson à ceux qui en boivent. On trouve aussi des sources d'eaux chaudes, et d'autres qui sont même brûlantes: de ce nombre sont deux bains célèbres à trente milles du Cap: les eaux ont la clarté du cristal. Kolbe n'en avait jamais goûté de si ferrugineuses; mais elles n'en sont pas moins agréables. On peut les employer à toutes sortes d'usages, excepté à blanchir le linge, parce qu'elles lui donnent une teinte jaune qu'il ne perd jamais. En entrant dans le bain, on ressent une chaleur presque insupportable, surtout si l'on y entre, par degrés; mais elle cesse bientôt d'être incommode, et l'on se trouve dans une situation délicieuse: cependant on est obligé d'en sortir au bout de cinq ou six minutes, parce qu'elle resserre la partie inférieure du ventre, jusqu'à faire perdre haleine. On est rétabli sur-le-champ en se mettant au lit, où l'on éprouve d'abord une sueur abondante, après laquelle on se lève avec une légèreté dont on est surpris. Quinze jours de ce bain, pris une fois le jour, purifient le corps de toutes sortes d'humeurs peccantes par les sueurs et les selles, et quelquefois par des vomissemens. Kolbe a connu plusieurs personnes qui lui devaient leur guérison; l'une, d'une paralysie de bras; l'autre, de la surdité; une femme, de plusieurs autres maladies compliquées.
Enfin Kolbe est persuadé que les eaux du Cap sont aussi claires, aussi douces et aussi saines qu'il y en ait au monde. Les médecins, ou plutôt les chirurgiens du Cap les ont trouvées salutaires dans toutes sortes de cas. Elles conservent leur douceur et leur clarté sur mer, dans les plus longs voyages. Sur le bâtiment où Kolbe s'embarqua pour revenir en Europe, elles ne souffrirent aucune altération, excepté un léger changement sous la ligne mais qui ne les empêcha point de se rétablir presque aussitôt.
Quoique les Hottentots ne fassent aucun usage du sel, la nature leur en fournit abondamment sans le secours de l'art: ils n'en ont l'obligation qu'à l'action du soleil sur l'eau de pluie.
En général, le terroir est riche et fertile aux environs du Cap. On commence à semer au mois de juillet, pour faire la moisson vers la fin de septembre.
Les vignes qui ont été apportées au Cap sont venues de Perse, de Madère, du midi de la France et des bords du Rhin. Il se passa quelque temps avant qu'on pût en élever assez pour former des vignobles; mais ils y sont maintenant en si grand nombre, que chaque cabane a le sien. Les vignes souffrent beaucoup des sauterelles et des vers; cependant elles rendent plus dès la troisième année que celles d'Europe à la cinquième. La vendange commence au mois de février, et continue pendant tout le cours de mars. Le vin du Cap est agréable et fort: avec le temps il devient moelleux. Celui que l'on récolte à Constance, vignoble situé au sud de la ville du Cap, est un des plus délicieux que l'on connaisse.
Les jardins du Cap produisent la plupart des plantes et des fruits de l'Europe; les légumes y surpassent les nôtres par la grosseur et le goût. Un chou y pèse entre trente et quarante livres; une patate entre six et dix livres: les melons y sont excellens;
Les eaux qui tombent avec rapidité du sommet des montagnes, coulant ensuite dans des canaux ombragés d'arbres ou de buissons, sont si froides, qu'elles conservent cette qualité dans les vases où elles sont renfermées, jusqu'à causer un véritable frisson à ceux qui en boivent. On trouve aussi des sources d'eaux chaudes, et d'autres qui sont même brûlantes: de ce nombre sont deux bains célèbres à trente milles du Cap: les eaux ont la clarté du cristal. Kolbe n'en avait jamais goûté de si ferrugineuses; mais elles n'en sont pas moins agréables. On peut les employer à toutes sortes d'usages, excepté à blanchir le linge, parce qu'elles lui donnent une teinte jaune qu'il ne perd jamais. En entrant dans le bain, on ressent une chaleur presque insupportable, surtout si l'on y entre, par degrés; mais elle cesse bientôt d'être incommode, et l'on se trouve dans une situation délicieuse: cependant on est obligé d'en sortir au bout de cinq ou six minutes, parce qu'elle resserre la partie inférieure du ventre, jusqu'à faire perdre haleine. On est rétabli sur-le-champ en se mettant au lit, où l'on éprouve d'abord une sueur abondante, après laquelle on se lève avec une légèreté dont on est surpris. Quinze jours de ce bain, pris une fois le jour, purifient le corps de toutes sortes d'humeurs peccantes par les sueurs et les selles, et quelquefois par des vomissemens. Kolbe a connu plusieurs personnes qui lui devaient leur guérison; l'une, d'une paralysie de bras; l'autre, de la surdité; une femme, de plusieurs autres maladies compliquées.
Enfin Kolbe est persuadé que les eaux du Cap sont aussi claires, aussi douces et aussi saines qu'il y en ait au monde. Les médecins, ou plutôt les chirurgiens du Cap les ont trouvées salutaires dans toutes sortes de cas. Elles conservent leur douceur et leur clarté sur mer, dans les plus longs voyages. Sur le bâtiment où Kolbe s'embarqua pour revenir en Europe, elles ne souffrirent aucune altération, excepté un léger changement sous la ligne mais qui ne les empêcha point de se rétablir presque aussitôt.
Quoique les Hottentots ne fassent aucun usage du sel, la nature leur en fournit abondamment sans le secours de l'art: ils n'en ont l'obligation qu'à l'action du soleil sur l'eau de pluie.
En général, le terroir est riche et fertile aux environs du Cap. On commence à semer au mois de juillet, pour faire la moisson vers la fin de septembre.
Les vignes qui ont été apportées au Cap sont venues de Perse, de Madère, du midi de la France et des bords du Rhin. Il se passa quelque temps avant qu'on pût en élever assez pour former des vignobles; mais ils y sont maintenant en si grand nombre, que chaque cabane a le sien. Les vignes souffrent beaucoup des sauterelles et des vers; cependant elles rendent plus dès la troisième année que celles d'Europe à la cinquième. La vendange commence au mois de février, et continue pendant tout le cours de mars. Le vin du Cap est agréable et fort: avec le temps il devient moelleux. Celui que l'on récolte à Constance, vignoble situé au sud de la ville du Cap, est un des plus délicieux que l'on connaisse.
Les jardins du Cap produisent la plupart des plantes et des fruits de l'Europe; les légumes y surpassent les nôtres par la grosseur et le goût. Un chou y pèse entre trente et quarante livres; une patate entre six et dix livres: les melons y sont excellens;
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