Fayard/Mille et une nuits
Un coeur simple
Un coeur simple
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Paul, pour son éducation, doit partir au collège de Caen, et Virginie commence son catéchisme accompagnée par Félicité, qui apprend ainsi les rudiments de la religion catholique, qui la fascine mais qu'elle interprète toutefois à sa manière. Virginie à son tour doit partir chez les sœurs pour faire son éducation, laissant sa mère seule. Félicité, privée des deux enfants, trouve désormais une chaleur affective avec son neveu Victor, qui lui rend visite de temps à autre. Les années passent ainsi, et en 1819 Victor s'engage comme marin au long cours. Félicité peinée de ce départ court seule à pied au Havre pour les adieux. Un jour elle reçoit la triste nouvelle de la mort de son neveu à Cuba des suites de la fièvre jaune et sombre dans la tristesse. Quelques mois plus tard c'est Mme Aubain qui reçoit de mauvaises nouvelles sur la santé de Virginie, dont la faible constitution semble mal s'accommoder de problèmes pulmonaires. Les médecins recommandent un éloignement en Provence pour profiter du climat, mais Mme Aubain décline la proposition alors que sa fille paraît se remettre. Cependant la rémission est de courte durée, et Virginie est emportée par une fluxion de poitrine. Félicité veille deux jours et deux nuits la petite défunte : sa mère sombre dans le désespoir. Les années passent, au rythme des menus travaux de la maison et des événements de la première moitié du xixe siècle.
En 1828, le nouveau sous-préfet nommé à Pont-l'Évêque rend visite à Mme Aubain. Ils viennent à se fréquenter et nouent une amitié bourgeoise de province. Le préfet, qui a vécu dans les îles, possède un domestique noir et un perroquet qui fascine Félicité car il vient des Amériques et lui évoque ainsi le souvenir de son neveu Victor. Le préfet se voit muté à une nouvelle affectation et laisse en guise d'adieu le perroquet à Mme Aubain, qui n'en a que faire et le donne à sa bonne. Félicité le nomme Loulou, s'occupe affectueusement de lui, et transfère toute son affection sur cet étrange compagnon. Un jour que le perroquet profite de sa liberté pour s'échapper, Félicité part à sa recherche, finit par le retrouver, mais attrape une otite, qui dégénère et la rend pratiquement sourde. Elle se renferme de plus en plus dans son monde intérieur, entendant seulement le bruit de son oiseau. Durant l'hiver 1837, Loulou meurt de congestion et sur les conseils de sa maîtresse, Félicité le fait empailler. Elle le place dans sa modeste chambre parmi les simples objets hétéroclites et souvenirs de son humble vie. La vie de Félicité n'est plus rythmée que par les repas de sa patronne et les messes à l'église ; émerveillée par les vitraux du Saint Esprit, elle ne peut s'empêcher de faire l'association avec son animal empaillé.
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